La crise des subprimes pour les nuls : 2 - Qui est concerné par la crise ?

Publié le par Alliolie

Rappel sur le billet précédent :
Un subprime est un type de crédit hypothécaire, aux critères d’attribution souples donc plus risqué pour le prêteur (établissement de crédit) que pour l’emprunteur.
D’une part, ce crédit a un taux d’intérêts élevé indexé sur celui de la banque centrale américaine. Comme ce taux a augmenté, le remboursement est devenu plus difficile pour les emprunteurs.
D’autre part, les prix de l’immobilier ont chuté, donc les prêteurs n’ont plus pu se rembourser en vendant le bien immobilier des emprunteurs devenus insolvables.
Or une partie de ces crédits était financée par l’émission de titres représentatifs de subprimes, devenus créances douteuses : les détenteurs de ces titres, notamment des fonds d’investissement, ont vu la valeur de ces titres baisser. Le contraste entre l’ancienne confiance généralisée dans les crédits à risque et cette chute brutale des titres représentatifs de subprimes a conduit à une crise de confiance générale dans le système financier, et même davantage.
 
En résumé, la crise des subprimes a
  • des effets directs : insolvabilité des emprunteurs subprime, faillite des sociétés de crédit spécialisées, pertes de la part des grandes banques qui les détenaient ou travaillaient avec elles
  • des effets indirects dus à la transmission de la crise par la titrisation (voir ce mot chinois dans le billet précédent) et par les fonds d’investissement : résultat = crise de liquidité bancaire et craintes de contagion à l’économie réelle.
 
Qui est concerné par la crise ?
En langage courant (vous, moi, les gens quoi), 36 15 Effet domino :
 
Etaient concernés à l’origine :
 
Les emprunteurs subprimes insolvables, qui en raison de la hausse des taux ne purent plus rembourser leurs crédits (et pour certains ont en plus perdu leur logement hypothéqué, on aura vu mieux pour le moral des ménages).
Les sociétés de crédit spécialisées, qui firent faillite.
Le système bancaire américain, de nombreux acteurs de ce système étant impliqués dans des relations avec les prêteurs de subprimes, c’est-à-dire :
  • Les grandes banques, qui détenaient ces sociétés de crédit spécialisées. Ces banques, en quelque sorte prêteurs des prêteurs, ont même accéléré les faillites, en demandant aux sociétés de crédit spécialisées des remboursements anticipés alors que ces sociétés étaient déjà au bord du gouffre.
  • Les banques qui travaillaient avec ces sociétés de crédit. En tant qu’actionnaires et au même titre que les autres actionnaires, les pertes de ces sociétés se sont répercutées sur eux.  
Est désormais concerné (par le jeu d’un effet indirect, raison pour laquelle le commun des mortels a tant de mal à comprendre) le système bancaire et interbancaire américain et international :
 
Les fonds d’investissement américains :
Pour rappel, pour se financer, les banques ont revendu certaines de leurs créances subprimes sur des marchés spécialisés, et ont donc reporté leur risque (les subprimes étant des crédits risqués), sur les investisseurs, qui achètent ces créances (voir précédent billet sur les titres représentatifs de subprimes).
Ces investisseurs ont été, entres autres, des fonds d’investissement. La demande de ces titres a été forte puisque les revenus espérés étaient eux-mêmes important, en raison du taux d’intérêt élevé normalement payé par l’emprunteur.
OR avec la crise des subprimes est née une crise de confiance (précédemment évoquée) à l’égard des véhicules de titrisation de crédit. En clair, si vous êtes investisseur ou membre d’un fonds d’investissement, en voyant ce qui arrive quand on achète un titre représentatif d’un crédit risqué (comme le subprime), vous préférez choisir d’autres modalités d’investissement, et vous retirez vos billes de ces véhicules de titrisation.
Problème : alors que la détention de titres représentatifs de subprimes devait doper leurs performances, elle a au contraire plombé deux importants fonds d’investissement de la banque américaine (annonce le 17 juillet 2007 de l’effondrement de la valeur de deux fonds d'investissement de la banque américaine Bear Stearns).
A commencé une crise de confiance à l’encontre de tous les fonds d’investissement (on en revient à la logique : « j’ai tenté le fonds d’investissement, j’ai perdu de l’argent, je ne veux plus en entendre parler »).
 
Le marché interbancaire (ou comment les dominos continuent de chuter les uns après les autres) :
Le problème est que les fonds d’investissement évoqués ci-dessus soit appartiennent à des banques, soit sont financés par des banques. Effet boomerang : après avoir voulu se débarrasser du risque des subprimes en émettant des titres représentatifs de subprimes, les banques ont récupéré ce risque à travers les fonds d’investissement qui détenaient ces titres (fonds qu’elles géraient ou finançaient  !). La fenêtre était fermée, donc le crédit à risque est passé par la fenêtre (qu’on lui a ouvert). C’est tellement dingue que l’on se demande comment elles ont pu attendre juillet 2007 pour se rendre compte que l’ensemble du système bancaire supportait par conséquent des risques de crédit. ¨Pire, ces fameux titres se trouvaient parfois dans des placements considérés sans risque (les fonds monétaires dynamiques).
En bref, crise de confiance entre banques (laquelle est ou non engagée dans quoi, laquelle peut encore mener des activités de financement et d’investissement ou pas, etc.).
 
Dans cette histoire, le marché interbancaire désigne un marché sur lequel des banques prêtent à des banques : les banques en situation d’excédent de capitaux prêtent à celles qui en manquent, et ces emprunts ont des échéances courtes, de 3 mois.
Or qui dit crise de confiance entres banques dit réévaluation des risques, les banques devenant réticentes à se prêter entre elles, ce qui dit envolée des taux d’intérêt (plus le risque augmente, plus le prêteur, quel qu’il soit, demande une contrepartie : cette contrepartie correspond aux intérêts, dont le taux augmente donc en fonction du risque encouru).
Qui dit envolée des taux d’intérêt pour les banques, dit crise de liquidité bancaire. Afin de pouvoir poursuivre leurs activités, les banques avaient besoin d’argent (=liquidités), et ont du emprunter, notamment à d’autres banques. Ces prêts à court terme (de trois mois) ont atteint des taux d’intérêt plus élevés que les taux des prêts à long terme. Incroyable mais vrai, des banques ont donc emprunté à ces taux élevés, pour refinancer des crédits qu’elles ont accordé précédemment à des taux moindres.
Parallèlement, les banques centrales (BCE Banque centrale européenne, et FED, Federal Reserve) ont fait de massives injections de liquidités sur le marché interbancaire.
Actualité : le 18 décembre 2007 la BCE s'est engagée à prêter en quantité illimitée et en garantissant l'anonymat au taux de 4,21 % pour 2 semaines, pour réduire les difficultés à emprunter sur le marché interbancaire.
 
Un fonds souverain, c’est quoi ? Fonds souverain = fonds d’Etat = fonds de placement financiers (actions obligations, etc.) ou fonds d’investissement détenu par un Etat. Si on retient une définition large, on peut inclure au niveau français la Caisse des dépôts et consignations ou le Fonds de réserve pour les retraites. Mais ces fonds français se distinguent de ceux dont tout le monde parle en ce moment (par exemple l’Abu Dhabi Investment Authority, des Emirats arabes unis) parce qu’ils ne sont pratiquement investis qu’en sociétés nationales.
OR, précisément, pour citer Nicolas BAVEREZ (Le Monde du 9 janvier 2008), « Aujourd'hui, la crise venue du système financier américain contraint les pays du Nord à accepter le sauvetage de leurs institutions financières par les fonds souverains des superpuissances du Sud et des pétromonarchies. (…). Le Nord ne perd pas seulement le monopole de la production et de l'innovation, mais celui du contrôle des actifs stratégiques et de la régulation du capitalisme mondialisé. »
En effet, profitant de la crise traversée par les institutions financières « occidentales », ces fonds souverains étrangers ont fait une entrée massive (environ 3500 milliards de dollars) dans ces institutions. Comment ? En acceptant d’investir dans ce que les autres fuient et/ou ne peuvent pas financer, à savoir les grandes banques mondiales à court de liquidités et enregistrant des pertes importantes. Schéma : ces banques, surtout américaines, ont besoin de capitaux frais, et ces fonds publics étrangers en ont. On parle de réassurance du système financier par les fonds souverains étrangers.
Pour certaines, ce phénomène est une menace pour l’avenir (prise de pouvoir du Sud sur les économies du Nord), pour d’autres, c’est une opportunité (quoi qu’il en soit, au jour d’aujourd’hui, intervention salutaire des fonds souverains étrangers, moyen de prévenir les risques d’effondrement du crédit ou de récession).
 
Qui dit crise de liquidité bancaire, dit poursuite de l’effet domino sur les marchés internationaux, et notamment le marché des matières premières.
Mais j’y reviendrai, je commence à oublier que je ne suis pas économiste et que je suis juste nulle.

A suivre ...

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Annabella 16/08/2015 16:33

"Je me présente à vous
Mme Annabella Deshant
je suis particulier française .
je suis la 36eme femme reconnue en 2012 comme prêteuse particulier française du
Cour de cassation - Arrêts
Cour de cassation
Article L. 12-5, alinéa 2, du code de l'expropriation
Non renvoyée au Conseil constitutionnel
Alinéas 3 et 4 de l'article 662 du code de procédure pénale
Irrecevabilité
Alinéas 3 et 4 de l'article 662 du code de procédure pénale
Irrecevabilité
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Non renvoyée au Conseil constitutionnel
Article 88 du code de procédure pénale
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