La République laique socialiste, tout un programme

Publié le par Alliolie

A l'origine de ce post, un article patu dans le Monde du mardi 29 janvier 2008 intitulé 'Nicolas Sarkozy contre l'espérance républicaine", par Bariza Khiari et Jean-Pierre Michel, sénateurs PS.
Mmmh. 
S'en suit tout un développement sur les raisons du mécontentement des gentils républicains contre le méchant anti-laicité. 

"En affirmant que (...) la morale laique "risque de s'épuiser," le chef de l'Etat tente de discréditer la laicité et l'école républicaine, son lieu d'expression historique. Cela revient à affirmer la supériorité de la foi sur la raison. (...)" 
Ce n'est pas discréditer la laicité ou l'école républicaine que d'estimer que la morale peut être d'inspiration laique OU religieuse, c'est faire preuve de tolérance, et d'un peu moins d'égalitarisme forcené et moralisation universelle que la moyenne de la population française. Quant à affirmer que discréditer la laicité revient à affirmer la supériorité de la foi sur la raison, est-ce dire que la laicité correspond à la raison ? mais dans quelle civilisation vide de sens vivez-vous ?

 "Héritée des Lumières, la morale laique est une étape essentielle dans la construction d'un individu autonome et d'un citoyen libre et éclairé. (...)
La République n'a pas besoin de croyants pour exister, elle a besoin de citoyens libres et égaux". 
Sauf que. Sauf que sans croyants, point de Lumières, point de République. Religion n'est plus, depuis longtemps, synonyme d'obscurantisme. Sans le christianisme, notre pays n'aurait pas été celui des Lumières, puisqu'il est à l'origine de l'émergence des notions d'individu, et de la conception d'individus égaux en droit (non en fait). Qui s'intéressait à la brebis égarée, l'individu, plutôt qu'au troupeau, la collectivité ?

Je m'attriste de lire qu'il existe encore une confusion entre laicité et déni du fait religieux, et une opposition entre laicité et foi, qui n'ont pas lieu d'être.
OUI, bien sur, la République a besoin de croyants. Elle a besoin de personnes qui croient en son devenir et en leur devenir. Si la religion les y aide, la religion est bonne pour la République ; à l'inverse, au nom de l'égalité, ou au nom de la liberté, des individus la desservent en s'imaginant que la République est une fin en soi, non un moyen.
Mais pourquoi souhaitez vous à ce point une société sans autre finalité que la redistribution des richesses ? Où sont vos valeurs ? Vous parlez d'espérance républicaine, mais d'espérance en quoi ?

Publié dans De nos jours

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article