"Sortie de crise"...

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AH, la fameuse sortie de crise !

Chacun imagine actuellement, avec inventivité, une sortie de crise concernant les chamailleries autour de la loi pour l'égalité des chances, et plus particulièrement le CPE. Il suffit pour s'en convaincre de consulter les divers blogs à ce sujet...

Je ne peux donc m'empêcher de m'y mettre. Scénario :

1/ Chirac décide de promulguer la loi validée par le Conseil constitutionnel et votée, auparavant, par le Parlement après de longues heures de débat (malgré ce que tout le monde a l'air de penser : si vous ne me croyez pas, consultez les sites des assemblées...) malgré les "émeutes" (ahaha) de la majorité (sic) des étudiants et de la fonction publique ( oui, parce que la "fonction privée", tout le monde s'en fout même si c'est elle qui créée la fameuse croissance que tous appellent de leurs voeux".

2/ Après 4 secondes et 9 dixième de réflexion, les syndicats, unis dans l'adversité (resic), décident à la surprise générale de ... faire grève et d'aller manifester (ben oui, ils sont pas contents, ils continuent de râler et personne n'a l'air de les écouter, parce qu'écouter pour la gauche ,cela signifie faire ce qu'ils demandent)

3/ Deux hypothèses :

- Villepin, honteux, meurtri, fini pour l'élection présidentielle et désavoué au sein de son propre parti, se venge en propsant à Chirac de dissoudre l'Assemblée nationale. Mais les urnes des nouvelles élections sont volées par quelques radicaux, et les députés se retrouvent à 50-50 PCF / FN. Villepin décide de partir en voyage sur la lune y chercher l'inspiration, le pays est blioqué, mais personne ne voit la différence. Tout le monde est content cependant, parce que le grand méchant ministre, qui avait été selon certains SEUL responsable d'un acharnement scandaleux sur la jeunesse de France (même Sharon Stone le considérait), a été vaincu. Et c'est bien connu, l'Etat, c'est comme papa : estimer qu'il est responsable de mal faire avec ses jeunes en ne leur offrant que la précarité (ou mieux, comme entendu en AG, de leur proposer alors qu'ils sont dans la merde, de diluer un peu la merde), c'est estimer que ce serait à lui de faire quelque chose (de les sortir de la précarité, comme si c'était un droit et non une éventualité). Le rassurant dans cette affaire c'est que si tout le monde s'accorde pour dire que le gouvernement manque de "pédagogie" avec les jeunes et que c'est à lui qu'il revient de les "former", c'est que l'on a enfin compris que nous n'étions qu'un peuple d'ignorants... une prise de conscience, c'est déjà ça de gagné.

- seconde hypothèse : Villepin reste en place, Chirac aussi. Pendant 2 semaines, la gauche continue de râler, des étudiants ne peuvent pas se rendre en cours mais ne cessent de se demander ce"que fait la police", des négociations pour modifier la loi (déjà) surgissent, la loi est modifiée dans un mois, cette fois la gauche estime que c'est une victoire, mais dans 6 mois tous ont presque oublié l'épisode depuis que Royal a couché avec le 1er ministre (ben oui, c'est passé à la Star Ac et dans Paris Match) et que la gauche s'est trouvé un nouveau sujet de "rassemblement" (certains effroyables libéraux ont cherché à faire passer l'immigration choisie... ce qui est passé totalement inapperçu avec le CPE, aspirateur d'actualité...)

 

ET je me marre déjà en lisant les commentaires.... Comment peux-tu plaisanter avec un sujet aussi grave?  Etc. Etc.

Désolée. Je considère que la mort c'est grave, la maladie, c'est grave, mais un contrat de travail, quoi qu'on en pense d'ailleurs et beaucoup savent que tout cela me préoccupe beaucoup, non, ce n'est pas "grave".

Ce n'est, comme toujours, que mon avis.

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Dark Dandy 01/04/2006 16:43

Tout dépend de ce qu'on entend par sortie de crise, donc de ce qu'on entend par crise. Il est important de considérer les évènements autour du CPE comme une crise pour qu'on y réponde comme à une crise, c'est-à-dire par la mise en oeuvre des réformes nécessaires à ce pays. En tout cas, votre analyse est très lucide. On est en passe d'oublier ce qui se passe depuis plus d'un mois, pour que la "démocratie" reprenne  son cours normal.Quant aux réformes, je les expose  plus longuement  dans une réponse à votre commentaire sur mon blog,Dandy

miss paramount 01/04/2006 11:51

Je te remercie pour le petit comm gentil sur mon blog. Je te renvoie le compliment, d'ailleurs j'ai bien aimé ton billet "j'me sens pas belle" où j'me suis un tout p'tit peu reconnue...
J'ai vu un commentaire un peu excessif sur le billet "peuple de révolutionnaires". Soit, on a le droit de pas être OK avec toi, mais de là à être méchant, ça n'arrange pas la situation. Arrêtons ce rapport de force stupide qui ne mène à rien. Ne sommes-nous pas tous dans la même galère? Je suis dégoutée devant une telle situation. J'ai peur de ce qui risque d'arriver, mais je suis bien décidée à soutenir le mouvement et aller manifester. Comment ne pas réagir quand notre Président de la République affirme devant tous les Français que l'université est un lieu d'excellence (c'est la fac, pas l'ENA ou Science Po!!!) et que notre Ministre de l'Education prône de décrocher nos diplômes pour retrouver le sérénité... J'veux bien réussir à décrocher mon diplôme, mais j'aimerais beaucoup qu'il soit loin de ne rien valoir et qu'il puisse m'offrir réellement la sérénité, ce qui ne sera pas le cas. Qu'ils viennent mettre les pieds dans nos campus pour voir combien la situation est mauvaise au lieu de nous dire de telles conneries...
@ bientôt!