Pauvre c... (réponse à Sara)

Publié le par Alliolie

Tout d'abord, merci de la longueur de ta critique ; c'est comme cela qu'on peut avancer (je suis tout à fait d'accord avec toit : les choses ne sont jamais toutes blanches ou noires, elles sont complexes)  !!

Je suis de droite et n'ai pas honte de le dire, et dire que "la droite c'est les méchants" n'est qu'une caricature de ce que pensent nos bons vieux amis socialistes. Première mise au point.

Et je réaffirme, sans problème non plus, que Le Pen n'est ni fasciste ni nazi, si l'on s'en tient à la définition stricto sensu de ces mots. L'imagerie populaire l'a consacré comme tel, mais je reste persuadée que cela n'est pas le cas.

Tous les grands hommes politiques de l'époque ont participé à la "torture en Algérie", aucun n'a été vraiment clair là-dessus et ne le sera probablement pas avant un bon bout de temps (cette part de l'histoire de France semble trop récente pour qu'elle puisse être en paix avec elle). Et celà n'a rien à voir avec du fascime ou du nazisme... C'est de l'horreur humaine, certes, c'est tout ce qu'on veut, mais ni du fascime, ni du nazisme.

Je ne veux pas non plus de Le Pen président. Mais respecter la démocratie, n'est-ce pas respecter la voix du plus grand nombre ? Si le plus grand nombre, fut-ce par vote protestataire (ce qui reste à prouver), vote Le Pen et le fait passer au second tour, au nom de quoi foutre toutes ces voix à la poubelle ? ... Manipulation médiatique ?

Non, on va voter, et point final. On a le droit de ne pas être content de ce résultat, non de le remettre en cause au nom de la lutte contre un danger plus grand (prétendu nazisme, etc) que la démocratie.

Le point sur lequel je souhaitais insister est précisément celui que tu mets en avant : oui, je comparerais volontiers Castro à Besancenot : à la lecture de leurs programmes, sans aucun doute. Va sur le site de ce parti, tu auras des surprises (j'ai en moi-même eues !).

Quant à Cuba, n'oublions pas que le nazisme hitlérien lui-même mettait en avant les progrès sociaux et économiques, notamment baisse du chômage, productivité et compagnie, pour asseoir sa légitimité et l'amour de son peuple... tout comme Castro avec les mesures que tu mets en avant.

Je connais des personnes allées à Cuba et en vantant également les mérites : sais-tu que cela fait partie de la propagande pour touristes (ou aide humanitaire en l'occurence) ? "Bouh les américains c'est que des méchants, ici tout va bien tout le monde le dit".

Je rencontrais il y a un an un entrepreneur ayant acheté plusieurs biens immobiliers là-bas, qui me disait que les choses étaient en train de bouger  car Castro était à la fin de son règne et que Cuba allait enfin s'ouvrir sur le monde et sortir de son mode de fonctionnement déplorable pour les libertés individuelles.

Tu m'invites à lire Arendt (merci, je vais découvrir) : lis peut-être "1984", ou Aristote, ou relis-le. L'endormissement des foules par ce qui leur fait plaisir à court ou moyen terme se réalise au détriment de réflexion sur les enjeux politiques, tout comme l'endormissement , l'asservissement et l'abêtissement des foules aux Etats-Unis et de plus en plus en Europe aujourd'hui (télévision, radio, médias divers) se fait au détriment de tout débat de fond.

Exemple : le traité constitutionnel européen. Une des questions posées à Chirac lors du fameux débat avec les "jeunes" était : "Oui, mais concrétement, que va faire cet traité pour l'emploi?' . Bingo. Comme si c'était l'enjeu. On pense à nos gueules et à nos petits conforts (ce que je ne critique pas, c'est un simple constat), mais de vision grand angle.

Donc oui : je réaffirme qu'il est honteux, avec le passé de l'URSS, avec le présent de Cuba, de ne pas condamner les extrémismes de gauche alors que l'on condamne si facilement ceux de droite.

Qu'en penses-tu ?

(suis ouverte à tout autre complément)

PS : à "Michael" : 1/ J'apprécierai au moins juste un petit moins de fautes d'orthographe dans tes post, simple marque de respect ; 2/ On parle de "raccourcis" ? Vu l'heure à laquelle j'ai écrit cet article, tu n'as pas eu le temps de le lire avant d'y apposer ton commentaire... 3/ Rien compris à ton commentaire sous mon premier article : quelle idéologie ? quel rapport avec le pro-libéralisme??

Bref, tu gagnerais à prendre le temps de réfléchir avant de parler.

Publié dans Coup de gueule

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Alliolie 07/08/2006 19:30

Ravie d'avoir une lectrice si fine et impliquée. Je suis désolée si j'ai pu te paraitre réductrice ; je cherchais simplement à miser sur la caricature pour mettre certaines choses en évidence. Je suis évidemment plus que consciente de notre confort européen incroyable, raison pour laquelle, précisément, je déplore qu'en France les gens se plaignent tant. Mais je pense aussi qu'il n'y a rien de pire que l'ennui, que le manque d'espoir et de perspectives, ce que justement ressentent les français et que ressentent de moins en moins les habitants de Cuba, même dans leur pauvreté. Pour finir, à entendre la fille, je doute que la mère soit "neuneu". Cordialement, et dans l'espoir que même si nous ne partageons pas les mêmes idées politiques (étant de droite, je ne partage moi non plus pas tout le programme de l'UMP) nous pourrons continuer d'en discuter.

sara 07/08/2006 12:05

salut,merci de ta réponse argumentée. Je suis de gauche -ou du moins j'aimerais l'être- mais j'éprouve des difficultés avec les programmes dits "de gauche" que nous proposent les socialistes. Quant aux extrêmes, je suis contre, donc pas de porte de sortie de ce côté. Mais ce n'est pas le propos. J'ai réagi à ton post parce que je le trouvais trop réducteur. Je maintiens qu'à Cuba, certains progrès sociaux nous feraient rêver, malgré l'oppression totalitaire du régime. C'est vrai aussi qu'au soleil la misère est parfois moins criante. Maintenant, ne crois pas que ma mère m'ait présenté les choses sans nuances, elle était tout à fait consciente qu'il y avait une bonne dose de propagande dans ce qu'elle entendait, mais elle a aussi des yeux pour voir; cela pour remettre les choses au point si tu croyais qu'elle était un peu trop crédule ou neuneu.J'étais moi aussi effarée de voir que les Français ramenaient des enjeux européens à leurs problèmes perso. Mais je dois avouer aussi que lesgens ont le sentiment d'injustices de plus en plus flagrantes, et que leurs vies sont de plus en plus difficiles depuis quelques dizaines d'années. On ne peut pas le nier. Et ce n'est ni toi, ni moi, privilégiées, qui sommes bien placées pour critiquer le fait qu'ils aient envie de plus d'emploi, de moins d'inflation (quoi qu'en dise l'Insee), de plus de sécurité... Toi et moi vivons dans un certain luxe, une grande facilité. Tes problèmes de cafards sont bien dérisoires, tu as un job quasi-assuré (ou alors, on reparlera de tout ça quand tu auras galéré pendant deux ans pour trouver un emploi mieux payé que le smic), un appartement, pas de charge de famille, un ordinateur, un lecteur mp3, des cds, des fringues, un téléphone portable, des vacances quand tu veux, de la nourriture que tu choisis au prix que tu choisis... Je peux retourner le propos à mon endroit, rassure-toi.Donc tout ça pour dire que je trouve qu'il ne faut pas amalgamer le NON au traité européen (que j'ai déploré moi aussi) mais qui s'explique par des incertitudes et des difficultés pour les Français à voir le futur avec optimisme, et les considérations sur les totalitarismes. Je réprouve autant que toi les mensonges communistes, les procès staliniens, les goulags, les tortures de Pol Pot et les errances du colonel Sankara (un autre délirant, que j'ai vu à l'oeuvre toute petite)...J'ai lu 1984, plusieurs fois, en français et en anglais, et j'ai trouvé en ce livre une des bibles politiques du monde moderne. Je te conseille aussi Animal Farm/la Ferme des animaux, du même auteur et dans le même genre.Mais je persiste à dire que parfois, même si les gens votent dans un sens, il est bon de manifester, d'avoir un sursaut. Parce que les nombreux votes du 1er tour pour Le Pen, n'étaient pas si nombreux que ça ramenés aux votes de gauche (lesquels étaient éparpillés). Et personne n'a voté autant pour les gauchistes extrémistes parce qu'ils étaient très éparpillés. Aujourd'hui, pas sûr que Le Pen rassemblerait autant de voix : Villers est passé par là, et Sarkozy aussi. Il y aurait probablement un éparpillement des votes contestataires de droite. Mais il y aurait toujours urgence à défiler contre tel ou tel "Napoléon" totalitaire.Et à aller voter au second tour, surtout.

Michael 06/08/2006 17:11

Encore des raccourcits...Pas pret de revenir te lire