Dommage

Publié le par DANIEL

Il était pourtant bien parti. L'oeil vif, le poil lisse, le teint abricot, le décor version développement durable ( jardins de l'élysée ), sans compter le drapeau européen mélé apparemment négligemment au drapeau français, à la gauche de l'écran.

Dernière ligne droite avant le referendum, la France parle aux français. Monsieur le Président de la République tente de faire abstraction des sondages laissant augurer une victoire du non et fait mine d'y croire encore.

Les deux premiers tiers de la déclaration auraient pu convaincre, et pour une fois ne pas servir le camp adverse. Pour avoir lu le TCE, il s'en tenait à la lettre du texte. Mis à part deux clins d'oeil ( "je vous ai compris" : clin d'oeil = connivence = on a le même boulanger ) un peu déplacés à mon sens, le chef de l'Etat se montrait digne de son rôle.

Mais il ne peut pas s'en empêcher, il faut qu'il dérape. ça a commencé par la subordonnée contenant les termes " moyens de lutter contre les délocalisations". Première bourde. Puis après, festival.

Et qu'on nous vende la France patrie des droits de l'homme qui rejette l'inscription de la Charte des droits fondamentaux ( au passage largement plus inspirée de la charte de l'Onu soit après guerre et non après Révolution de 1789 ). Et qu'on insiste sur la préservation de notre modèle social ( sic ) et culturel ( reclin d'oeil ). Et qu'on fasse front au partisans de l'ultra libéralisme ( "Chirac, dernier homme de gauche" m'a-t-on dit !). Etc.

Dommage. Il n'a pas pu s'en empêcher. Il a fallu qu'il revienne à ses visions apcalyptiques d'un 29 mai où la France aura dit non. Comment mieux servir les partisans de cette option ?

Et j'ai aimé son "je fais ici allusion à la Turquie" après son rappel de l'obligation d'un referendum pour toute nouvelle adhésion. Prend-nous pour des cons aussi. J'oubliai : c'est vrai qu'il s'adresse à la France d'en bas, celle dont le vote sera conditionné par le temps qu'il fera.

 

S'il s'en était tenu au texte, ça pouvait passer. S'il n'avait pas commencé sa déclaration en annonçant qu'il était ravi des conditions démocratiques optimales dans lesquelles s'était déroulé la campagne référendaire aussi...

Nous verrons dimanche. En ce qui me concerne, si j'avais eu encore un doute quand à mon vote, cette intervention m'aurait fait passer dans le camp Fabius-Laguillier-Le Pen.

Enfin, c'est juste mon avis.

 

Publié dans De nos jours

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Nicolas 27/05/2005 00:20

Il baisse, cet homme baisse inexorablement. Il n'y a pas si longtemps ses discours étaient correct, convainquant. Bref c'était un bon politique.

Et puis voilà qu'il veut être notre ami, notre égal, notre voisin et non plus un de ces êtres lointains qui gouvernent et détiennent ce savoir auquel nous aspirons. J'ai particulièrement apprécier le : "Diamanche, chaque français aura un peu du destin de la France entre ses mains".

Il ne présente pas ce référendum comme étant au libre chez des citoyens, ce qui est a priori le but de l'exercice, il exhorte le peuple à voter oui, au nom de je ne sais quoi. Voter oui, si vous votez non vous n'êtes qu'une bande d'irresponsable.

Je suis bien de ton avis, son interlocation l'a plus desservie qu'autre chose. Si je n'avais pas déjà un avis j'aurais voter non juste parce que je déteste qu'on tire sur la fibre patriotique ou sentimentalisme, mais nous sommes adultes et savons penser par nous-même, aussi je voterais comme je le pensais avant ce suicide politique.

Encore une fois bravo, et merci d'éclairer nos chemins embrumés