Résistance à l'endoctrinement

Publié le par DANIEL

Il a des moments où je me demande s'il ne vaut pas mieux, en fin de compte, ne pas savoir, et vivre en paix, plutôt que de s'obstiner à vouloir tout comprendre.

Il est vrai qu'en fin de compte, l'ignorant n'est pas tourmenté et seul le sage est pétri de doutes.

Je ne me prétend pas sage, loin de là, ni experte en quoi que ce soit, à l'exception de la curiosité peut-être.

Quoi qu'il en soit, je viens de passer quelques jours difficiles en partie en raison de mes dernières découvertes sur le monde politique et sur celui des médias. Se foutre le moral à zéro pour cela alors qu'il fait un temps magnifique, ça donne envie de se remettre à ne lire que Picsou magazine et Mickey Parade ( non, pas Tintin, c'est déjà trop engagé ).

Pourquoi tant de douleur me direz-vous ? Simplement pour ce sentiment amer d'être trahi. Naivement, je n'en prend conscience qu'à présent, je pensais que je pouvais en grande partie faire confiance à une certaine presse.Et lorsque je me rend compte qu'elle ne fait majoritairement que me caresser dans le sens du poil, avec l'ensemble de son coeur de cible, au lieu de m'informer, je me sens mal. Je me sens manipulée. Et j'en arrive à me demander si le plus grand danger ne vient pas des informateurs, et non des politiques que l'on critique tant ( et qui sont faits et défaits en trois coups de journalistes ).

Et s'il n'y avait que cela. Il y a de quoi devenir réellement paranoiaque : où sont ces hommes qui avaient un rêve en entrant à l'ENA, et non simplement une soif de pouvoir, d'argent et d'une reconnaissance qu'il ne pouvait se procurer en raison notamment de physiques disgracieux ? Où est le souci de l'intérêt général, face à des gouvernants plus enclins à débattre pendant des heures sur le bien-fondé d'une loi sur l'homophobie plutôt que de nous virer les 35 heures et de faire renaître un véritable esprit d'entreprise ?

Et tout ce système s'auto entretient : la population se retire de plus en plus de la sphère politique et est davantage préoccupée par ses intérêts particuliers, voire ses privilèges, chaque jour. Parallèlement, les politiques, pour trouver un écho au sein de l'opinion publique, font mine d'être essentiellement préoccupés par la défense de ces intérêts particuliers. Ainsi la partie de la population qui envisageait encore des réformes de fond vitales à la survie de l'Etat s'éloignent finalement elles aussi de la sphère politique, déçues et même indignées. Elles partent, ou votent non à un referendum ( je dis ça comme ça, par les temps qui courent c'est une possibilité ). Les politiques, constatant alors que plus personne n'en a quelque chose à faire de l'intérêt général, poursuit sa politique de maintien et de développement des privilèges. Le maître mot devient l'égalité, alors qu'en réalité chacun veut plus que son voisin.

Que faire alors, à part déprimer et se retirer, soi-même, de la vie politique ? Cesser de s'intéresser aux relations internationales, à la politique intérieure, à l'actualité juridique, sociale et économique ? Arrêter de lire cette presse qui déforme toujours plus ou moins la réalité ? Ne plus vouloir émettre d'avis sur quelque sujet public que ce soit, cet avis risquant

- soit, en étant véritablement contestataire et innovant, de servir le camp adverse en lui faisant de la publicité,

- soit de ne pas être entendu, les préoccupations générales n'étant plus la politique générale ?

C'est ce que j'ai d'abord pensé faire. Je me disais que je comprenais que beaucoup de personnes, même dans mon entourage proche, ne s'intéresse que moyennement voire pas du tout à la politique. La vie devient plus simple, quand on n'a à s'occuper que de soi.

Puis je me suis finalement dit que cela n'était pas une bonne solution. Si c'en était une pour moi, qui devrait franchement penser un peu plus à ce que je fais de ma propre vie avant de penser à la survie générale, ce n'en est pas une globalement. Non pas que je pense que je puisse changer le monde, même en devenant la première présidente de la République française. Mais parce que le changement ne peut venir que de l'intérieur, par petite touches, chacun à son échelle.

Il faut continuer d'alimenter un semblant de débat autour de soi. Ne pas hésiter à écrire aux journaux qui dérapent franchement en méprisant la frontière entre information et opinion. Et s'informer, toujours, même si l'information est partiale et partielle. Apprendre, toujours ( la tâche m'effraie parfois quand je pense au temps qu'il me reste à vivre, en comparaison de tout ce que j'aimerais apprendre ! ).

Et remettre perpétuellement en cause, aussi, ses propres opinions. Celles-ci ne valent pas mieux que les autres, et sont toujours susceptibles de changer, ce qui ne signifie pas qu'il ne sert à rien d'en avoir. C'est en forgeant que l'on devient forgeron dit-on : faisons de même avec l'esprit, et n'oublions pas l'âme dans tout ça. N'oublions pas l'homme derrière le consommateur, l'électeur, le travailleur, le politique.

Enfin, tout cela, évidemment, n'est que mon avis.

Publié dans Coup de gueule

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Nicolas 28/05/2005 18:54

Là où commence le commentaire nait l'endoctrinement. Je résumerais la chose ainsi. Comme tu le dis les hommes politiques sont tributaires des médias, télé, radio, papier. Aussi les journaleux, plus que des journalistes, en relatant la vie politique qui nous passionne tant posent leurs idées, leurs critiques, et nous simples citoyens lisons et approuvons. Comme bien évidemment on lit les journaux avec lesquels on est d'accord. Ce qui à mon humble avis est une première grosse erreur. Parce qu'on ne fait qu'aduler un article qui dit ce que l'on pense, en gros l'article ne nous avance pas des masse, si ce n'est qu'il nous oriente un peu plus vers la pensée de l'auteur. Je ne parle que de la presse écrite car elle a le mérite d'exister sensiblement à tous lecteurs, et accepte donc un lecture lente et attentive ainsi que le contraidctoire.

Car au JT les info vont vites, le temps de critiquer de manière non polémique on est passé au sujet suivant et reste en vous l'idée défendu par le journaliste image à l'appui. Ce qui est d'une force extraordinaire. De meme pour la radio. La rapidité anihile une partie de la possibilité de contestation ou meme de réflexion.

Que veux tu, tout fout le camp, le monde n'est plus objectif. Car un grand journaliste se doit d'être un grand critique de la vie politique, or critique de la vie politique implique l'opinion de la personne, nécessairement. C'est un combat contre soi-même, contre la façon de recevoir l'information sans trop chercher à la contester si nous cajole comme il faut.

C'est vrai que ça a été particulièrement visible pour le référendum, mais parce que la dérive a été grande. Mais ce manège insidieux est d'un ordinaire accablant.

Pour ma part je lis l'information dans autant d'endroit que possible et aussi varié que possible. Hisoire de savoir où l'on essaie de m'embarquer à chaque fois. Moi ça ne m'attriste plus, j'ai fini par en faire une source d'amusement. Avec un poil d'entrainement c'est vite apparent, cela dit beaucoup de choses doivent m'échapper, plus que je ne le soupçonne d'ailleurs...