A situation désespérée

Publié le par DANIEL

... mesures désespérées... ?

  Je suis affolée en lisant la presse ces jours-ci. Tant que j'ai renoncé à en parler.

  Mais où va-t-on ?

J'espérais ne pas être assez vieille pour balancer ce genre de remarques.La différence, peut-être, avec nos amis du troisième âge, c'est que je ne peux pas vraiment me référer à un âge d'or où c'était différent. Je ne peux pas ajouter à chacun de mes débuts de phrase des "de mon temps...".

  De mon temps, pourtant, le gouvernement refuse d'agir parce que les effets de son action ne seront visibles qu'à un terme dépassant la fin de son mandat : aucun intérêt du point de vue électoral, personnel. Aucune plus-value en pouvoir ou en influence. Donc aucun intérêt tout simplement.

  De mon temps, un accident qui fait deux morts dans un tunnel fait la une de tous les journaux, alors que des centaines de personnes s'entretuent chaque jour sur les routes et que tout le monde s'en fout sauf lorsqu'on les connait personnellement.

 De mon temps, on ne s'intéresse à ce qui se passe chez les voisins que dans la mesure où celà pourra nous profiter ou nous desservir d'un point de vue économique. Ben oui, pour nous la guerre n'existe que dans les livres d'histoire. Cas d'école en somme.

 De mon temps, les syndicats faisant la pluie et le beau temps en matière économique et sociale représentent entre 8 et 9 % des salariés, se permettent de la ramener sur la légitimité démocratique des hommes au gouvernement, et ne défendent que les 25% d'actifs appartenant à la fonction publique, ces derniers bénéficiant de facto de la sécurité de l'emploi.

  De mon temps, chacun pense à sa gueule. Et personne ne parvient à comprendre qu'on agit toujours mieux quantitativement et qualitativement quand on agit ensemble plutôt qu'isolés.

 Un jour j'aimerai dire que de mon temps on allait dans le gouffre sans s'en apercevoir, mais qu'on a finalement trouvé quelqu'un osant dire et faire les choses qui fâchent, quelqu'un qui aurait redéfini les responsabilités de chacun...

  Seulement, j'ai oublié de dire que de mon temps, on ne rêve plus. On déménage.

 C'est juste mon avis.

Publié dans De nos jours

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article