J'me sens pas belle

Publié le par DANIEL

C'est pas facile d'être une fille. Et une femme, n'en parlons même pas ( je démarre dans le métier ).

Une fille, d'abord, cela fréquente d'autres filles. Et les filles, c'est chiant.

Les filles se maquillent trop ( pot de peinture ) ou pas assez ( cageot ), baisent trop ( salope ) ou pas assez ( frigide ), bossent trop ( rat de bibliothèque ) ou pas assez ( au choix conne ou paresseuse ), parlent trop ( pipelette ) ou pas assez ( n'existe pas ), critiquent trop ( concierge ) ou pas assez ( égocentrique ), s'aiment trop ( mannequin ), ou pas assez ( toutes les autres ).

Une fille ensuite, cela se marie. Trop jeune ( mariage arrangé ) ou pas assez ( le mâle en a après son fric ). Ou pas du tout ( vieille fille )

Cela fait des enfants. Trop ( pondeuse, les seins en gants de toilette, le ventre au niveau des genoux ). Ou pas assez ( carrièriste, inhumaine ).

Une fille, parfois, cela plait. Et ce n'est pas facile. Le regard de l'autre la déforme dans son propre miroir. Elle n'est pas si mal finalement. Elle n'est pas si conne. Elle n'est pas si plate.

Les jours où l'attention se relâche, elle est pire qu'avant.

Quand la fille est en couple, elle passe son temps libre à se poser des questions ( comme d'habitude, mais cette fois-ci elles sont toutes relatives au même sujet : LUI ). M'aime-t-il encore ? Me désire-t-il encore ? A-t-il remarqué que j'avais grossi/changé de coiffure ou de robe/ fini plus tôt pour lui/ fait l'effort d'inviter ses copains/ accepté de remettre ça hier soir alors que j'étais crevée ?

Alors la fille se rabat sur la pire des solutions : elle consulte d'autres filles. Et celles-ci font en effet la pire des choses : elles lui mettent dans le crâne d'autres questions. Ou lui piquent son homme ( variante ).

 

Mais être une fille c'est parfois cool. Quand, je sais pas, mais il parait.

La fille peut se permettre, SI elle est mignonne, d'arriver en retard ( au boulot, à un rencard, etc. ).

La fille peut, SI elle est pas trop conne, éviter de passer sur ou sous la table pour faire une carrière honorable.

La fille peut, SI elle n'est pas trop seule, avoir des amies qu'elle aime. Oui, la fille trop seule ne peut pas choisir ses amies : ce sont elles qui la tolèrent.

Moi, j'aurai bien voulu être un homme. On est moins con, on est plus zen, on est moins compliqué.

Les mecs se maquillent jamais trop ou pas assez. S'ils baisent trop, ils seront des Don Juan, si ce n'est pas assez, ils seront "respectueux".  S'ils bossent trop, ils auront l'étiquette business man hyper sexy, si ce n'est pas assez, ils seront des pères présents. S'ils parlent trop, ils seront "impliqués" ; ou pas assez, ils seront discrets et à l'écoute. S'ils critiquent trop, ils seront normaux ( car comme nous ), si ce n'est pas assez, ils seront adorables. S'ils s'aiment trop, les filles tomberont toutes, si ce n'est pas assez, elles leur trouveront un romantisme ravageur.

Surtout, un mec, cela n'a pas de date de péremption, ça peut se la couler douce.

Enfin, c'est juste mon avis.

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une femme qui a appris à ne plus se haïr 07/04/2006 07:14

Aurélie, j'aime ce billet et je ne l'aime pas. Je l'aime car je le trouve ironique, bien écrit, percutant. Mais je ne l'aime pas car je le trouve triste. Oui, on peut écrire des choses ironiques et profondément tristes. Tu te sens mal dans la peau d'une fille. Je te comprends. Moi aussi, j'ai eu du mal à être une fille. Tu ne me croiras peut-être pas, mais quand j'étais petite (6-7 ans) j'ai passé des années à espérer chaque matin que je me réveillerais... transformée en garçon. J'ai grandi en détestant "les garçons". Mais ça s'est arrangé en devenant une femme. Je ne peux pas dire que je me sens belle, mais j'ai découvert que je pouvais m'aimer un peu (ça commence par là), qu'en retour je pouvais être aimée, et que je pouvais aimer un homme. Pas deux, pas six, pas quarante, un. Le seul qui compte, qui ensuite est devenu le père de mes enfants. Un seul homme, et pile le bon ! étonnant, non? Ou terriblement vieux jeu, comme tu voudras.Je suis passée aussi par une phase d'anorexie. Par un dégoût de moi et des autres, une haine des filles qui ne me ressemblaient tellement pas, pensais-je. Ce en quoi je me trompais, évidemment. Les filles sont tellement semblables dans leurs angoisses. Les top-models ont tout aussi peur que les cageots, tu ne crois pas ? Elles se maquillent et montrent leur corps au lieu de se cacher dans des pantalons baggy, mais elles se dissimulent tout autant.Oui il y a des connes, des pétasses, des arrivistes, des salopes, des niaises, des boudins et des cageots... Comme il y a des tas de cons, d'arrivistes (tu as remarqué ? pas de différence de genre dans ce substantif), des salauds, des niais, des brutes, des violeurs, des assassins, ET AUSSI DES doux, des gentils, des délicats, des intellectuels compliqués, des amants sensibles, des pères dévoués, etc.Tu es une jeune femme, ce n'est pas une maladie ni une infirmité et  tu as plein d'atouts dans ta manche. On peut être une femme épanouie sans se maquiller.  On peut avoir des amies intelligentes ET jolies. On peut avoir des discussions marrantes et ineptes, on peut aussi (avec les mêmes amies, le même soir) se prendre la tête sérieusement et refaire le monde. On peut mener une carrière extrêmement satisfaisante sans avoir à coucher avec qui que ce soit, ni sans avoir à renoncer à sa féminité pour autant. Je te le garantis.Et on peut aussi éprouver du plaisir en couchant avec un homme qu'on aime et qu'on respecte. Il me semble que tout commence par le respect de soi-même. S'accepter, s'aimer, se réconcilier avec soi-même ouvre la porte aux autres, à ceux qui en valent la peine.Je terminerais en disant qu'une femme a souvent -comme le note ton ami Nicolas- une capacité à endurer la souffrance qui devrait forcer le respect. Partout dans le monde les femmes "tiennent" les rênes des pays où elles vivent. Elles travaillent dans les champs, élèvent les enfants, s'occupent des maisons, soutiennent les hommes. Hélas, nous sommes prises au piège de notre propre force : certains hommes ont parfois peur de nous.  Ce sont eux les plus faibles, mais les plus dangereux. Sois plus forte qu'eux, et respecte-toi, toi. Ne te dénigre pas, ne te déteste pas. Ne les déteste pas non plus. Ce serait les laisser gagner.Tu gagneras la partie en laissant l'amour t'atteindre et te transformer. C'est ça le plus beau quand on est une femme : donner et recevoir l'amour. Ca fait con d'écrire ça comme ça, mais je le ressens ainsi.Je n'ai pas mis mon nom ni mon e-mail, pourtant on se connaît bien. Si tu veux me répondre, je crois que tu peux confronter mon adresse IP aux adresses des plus récents commentaires qui concernent Pierre (j'ai laissé des messages début avril 2006). Alors tu verras qui je suis, et tu demanderas à ton "padre" mon mail. Mais c'est seulement si tu veux. Et puis en ce moment, tu dois avoir plein d'autres choses à penser que te repencher sur ce que tu écrivais en juin de l'année dernière. Mais je me baladais sur ton blog et j'avais envie de réagir à ce message.Bye et bon courage pour tout.

Nicolas 10/06/2005 19:56

Tu vas m'en vouloir, mais tant pis.
1) Tu es belle, je suis pas dingue de toi par masochisme.
2) Tu es intelligente, sérieusement je m'en remets toujours pas de connaitre quelqu'un comme toi.

Et il n'y a rien de plus beau qu'une femme, la grace, l'élegance, cette douceur naturelle, cette tendresse. Vous êtes plus forte qu'aucun homme ne peut l'être. Mentalement comme physiquement (aucun homme ne suporterait un accouchement, déjà qu'il accourt lorsqu'une écharde s'est fichée dans son doigt)

Être un homme c'est compliqué, comprendre une femme l'est encore plus. Et j'arrive à faire ni l'un ni l'autre, je me contente de faire des conneries, là où une femme saurait être sage.
Vraiment il n'y a rien a envier aux hommes, surtout que vous faites de nous ce que vous voulez, même si on tente de résister deci dela. Et surtout tu n'as rien à envier aux hommes...