"Peut-on vivre sans sexe?"

Publié le par Alliolie

Comme le soulignait Maitre Ollivier au début de l'émission l'Arène de France, je me réjouis que le service public s'efforce d'aborder des sujets de fond, en évitant les intitulés racoleurs, de vrais débats de société en somme...

Trêve de plaisanterie. Le sexe est partout dans notre société, lieu commun maintes fois rabaché. Oui, il y a des personnes vivant sans sexe, du moins sans sexe à deux, le subissant davantage qu'en ayant fait le choix. Oui, il y a des obsédés sexuels. Oui, on peut vivre avec ou sans sexe.

Question de Me Ollivier : si l'on peut, puisque l'on peut c'est évident, cela en vaut-il le coup ? (admirez le jeu de mots!).

Vivre sans sexe dans l'absolu, mais quelle tristesse. Bern a fait venir le jeune président de l'association "l'Amour vrai attend", pronant la chasteté jusqu'au mariage, pour un témoignage très beau, ce qui n'a guère fait avancer le débat ; parce qu'il vit "avec" sexe maintenant...

Ils ont fait venir un prêtre, qui a confessé "être pauvre et pêcheur", comme tous, et s'adonner parfois aux plaisirs solitaires. Damned. Lui non ne peut donc vivre sans sexe.

Deux points que je voudrai souligner, car ils seront les seuls que je retiendrai de l'émission à moyen ou long terme :

* d'abord, cette femme qui rappela que dans "relations sexuelles", il y a relation ; or, de nos jours, s'il y a assurément du sexuel, manque souvent ou est oubliée la relation. Relation n'est pas seulement rencontre, désir, plaisir, jouissance. J'ose espérer qu'il existe des "relations sexuelles"...

* ensuite, la fin de plaidoirie, excellente au demeurant, de Me Ollivier : oui, on peut vivre sans sexe, oui on peut vivre chargé de testostérone, oui on peut avoir des rapports sexuels sans amour...  mais peut-on vivre sans amour ?

 

Publié dans De nos jours

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andrem 17/11/2006 18:10

Bon, tout va bien, je continue. Je suis aussi amateur de peinture italienne de la renaissance, enfin du début des années 1300 à la fin des années 1700, ce qui fait beaucoup pour une renaissance. Léonard de Vinci fait partie, et je sais ne pas être très original sur ce point, d'un de mes grands hommes. De ce point de vue, le travail fait par le photographe de mode pour pasticher la cène, et je crois que le mot pasticher n'est pas bien choisi, m'a paru remarquable dès que je suis tombé sur cette image, vue bien avant qu'elle ne défraie la chronique, en suivant ma femme dans un des magasins du fabricant commanditaire de la campagne, avec tout l'enthousiasme que vous imaginez d'un mari en boutique). Pendant les interminables hésitations sur fringues et les essayages d'avance voués à l'échec (propos machistes que j'assume, le désaccord conjugal entre 'Aliénor et moi sur ce point étant définitif mais éternel), j'ai pu tout à loisir contempler l'image et y découvrir les anomalies qu'elle comporte, exactement dans la plus pure tradition des tableaux de Léonard où l'irréel et le fantastique (certains diraient le symbolique et l'allégorique) sont une part intégrante de tableau d'apparence initiale très réalistes. C'est pourquoi je me suis trouvé si furieux du mauvais procès qu'on lui fit et surtout des décisions successives des juges, non motivés par le droit mais plus certainement par leur convictions de catholiques. C'est ainsi que je l'ai ressenti à l'époque, connaissant de l'intérieur les catholiques sans pour autant les haïr, et lisant les pâles arguments invoqués pour donner raison aux plaignants. Et justement un point m'avait étonné: personne ne semblait s'offusquer du fait que le tableau de Léonard lui-même était une pure invention dessinée à partir de descriptions partielles de l'évangile (je ne sais plus laquelle), et à partir d'autres cènes dessinés avant lui. Ce tableau pouvait parfaitement être compris comme hérétique pour peu qu'on se donne un peu de mal. Considérer comme un blasphème un tableau pastiche reviendrait à affirmer que le tableau de Léonard est un dogme à lui tout seul. A l'inverse, admettre que ce tableau est une représentaion symbolique d'une scène de cène décrite dans le Grand Livre revient à admettre qu'il puisse y avoir des représentations différentes. L'attaque en justice, de ce point de vue de raison (et non plus de droit) n'était pas cohérente, puisque ce qui allume la colère est ce qui contribue à l'éteindre. L'attaque en justice, de ce point de vue de raison (et non plus de droit) n'était pas cohérente, puisque ce qui allume la colère est ce qui contribue à l'éteindre. Pour conclure, et vous l'avez dit dans votre réponse, donner raison à qui se prétend injurié par l'image aurait ouvert la voie à toutes les abominations et interdictions de dire, de lire, de photographier, de peindre, d'exposer, et tutti quanti. C'est bien une victoire (fragile) de la liberté d'expression. J'ai peut-être un peu abusé de votre temps. Je vous en demande pardon, et je vous remercie de m'avoir répondu. J'ajoute avoir lu avec beaucoup de sympathie votre billet sur les propos de Philippe Bilger au sujet du viol. C'est un autre sujet.

andrem 17/11/2006 17:35

Non seulement vous ne me heurtez pas, mais vous me réjouissez. J'avais pris soin de vous préciser que l'arrête de la cour me plaisait en tant que décision de droit (il n'y a pas d'injure en l'espèce), mais vous allez plus loin parce que vous développez un point que je n'ai pas vu jusqu'ici sous les claviers des commentateurs, y compris celui d'Eolas, mais dansson cas il a eu raison de n'en pas rajouter car il tenait à bien expliquer la position de droit, sans scorrie d'un autre ordre.Maintenant que la question du droit a été tranchée de façon assez cinglante pour décourager des associations, en mal de pub et d'intégrisme, de réitérer sur ce thème ou sur un autre du même acabit, ce sont ces scories qui m'intéressent, chère Alliolie, et pour lesquelles vous entrouvrez une porte.Je suis athée, en ce sens que je ne crois pas que Dieu existe. J'insiste sur l'expression que je ne veux pas voir confondue avec l'expression de Michel Onfray qui croit que Dieu n'existe pas. Mais c'est un autre débat. Je suis athée, donc. Après avoir été longtemps et de moins en moins croyant catholique, religion à laquelle je dois une part de mon apprentissage et de ma qulture.Ce n'est pas une faute de frappe.Je ne suis donc pas, si la nuance ne vous a pas échappé, un intégriste de l'incroyance, et peu m'importe que l'on croit à ceci ou à celà. Les génuflexions ostensibles, le latin proféré, d'un côté, les papillotes d'un autre, le voile et les barbes tendues d'un troisième, m'insupportent par le fond d'agressivité et de volonté de se montrer bien plus que par la religion dont prétendent se réclamer ces ostensoirs.Tartuffe n'est plus très loin.C'était une précision nécessaire avant de poursuivre.Je vous mets ce texte en commentaire, et je poursuis par un commentaire à suivre, j'ai peur encore 'un blogue qui me plante avant qu'il soit en ligne. Toujours ces barbelés qui m'entourent.

Alliolie 16/11/2006 16:38

@ Andrem
Méfiez-vous, suis très sensible à la flatterie.
La difficulté dans cette affaire est la conciliation de droits et libertés constitutionnelles contradictoires : liberté d'expression versus liberté de religion. On le sait, la liberté de l'un s'arrête où commence celle de l'autre.
Or en l'espèce, cette affiche, aussi provocatrice et pour le coup racoleuse qu'elle soit, ne constitue pas une injure au sens juridique du terme à l'encontre de la religion catholique. Disons que les notions juridiques sont plus ou moins extensibles, et que la notion d'injure, pour le coup, était difficilement applicable à l'affaire en cause.
ça, c'est pour la partie juridique. D'un point de vue personnel, et je m'en excuse si je vous heurte, mais je partage la position de la Cour.
Qu'espérait l'association requérante ? Franchement, quel bienfait aurait apporté à ce groupement en général et à la société en particulier (non, je ne me mélange pas les pinceaux : la Cour de cassation tranche en droit, ce qu'elle dit intéresse ici les libertés fondamentales, donc avant tout la société dans son ensemble)  ? Dire que l'affiche était injurieuse aurait, je pense, je crois, je suppose, constitué une incitation à des dizaines de recours abusifs : à quand l'action dirigée contre une pub pour des sous-vêtements par une association coranique ?
Surtout que l'affiche ne caricature pas la cène, mais une représentation de la cène ; mes vagues souvenirs d'éducation catholique (peace Mamie)  semblent me rappeler que la représentation du divin est elle-même répréhensible. Passons.
Je crois tout simplement que porter la soutane est déjà une forme de communication, communication non verbale mais hautement symbolique ; pourquoi les uns pourraient exprimer leur liberté (de religion), tandis que d'autre ne le pourraient pas (liberté d'expression, d'opinion, de création).
Surtout, surtout, surtout !! : le droit n'est pas la morale, on peut le regretter mais c'est ainsi. Pour peu que certains jugent cette affiche immorale ou choquante, elle n'en est pas pour autant illégale.
Et vous, qu'en pensez-vous ?

andrem 16/11/2006 14:24

Déception. J'avais bien soigné un long commentaire, j'ai cliqué là, puis là, comme il est prescrit,  et semble-t'il le long commentaire a été avalé par la pieuvre géante. J'avais bien pris soin de ne rien sauvegarder, de sorte qu'il me faut tout redire de mémoire.Votre mécanisme de régulation des commentaires est ainsi d 'une efficacité redoutable et je ne redirai rien.Je vais juste reposer la question que finalement je posais, et qui va d'autant plus apparaître comme hors sujet qu'elle ne bénéficiera pas de la longue non-introduction que j'avais établie._____________Bonjour Alliolie. Que pensez-vous de la décision de la cour de cassation que j'ai lue hier dans le monde, et dont traite un billet de Maître Eolas découvert ce matin?Il s'agit de la décision clôturant le litige né de l'interdiction d'une affiche détournant la cène de Léonard de Vinci en vue d'une campagne publicitaire pour une maison de prèt-à-porter, en faveur de la maison et au détriment des plaignants.Il n'y a aucun piège, hormis ma curiosité. Vous êtes femme, jeune, juriste et de droite. Autant de qualités qui me sont étrangères. Je voudrais voir ce que vous voyez depuis votre planète. Curiosité saugrenue, mais indispensable.

frak 16/11/2006 10:25

On dirait du Sex And The City ... Fais gaffe la Carrie Bradshow qui sommeille en toi est en train de prendre le dessus !