Présidentielle 2007 : la Défense

Publié le par Alliolie

Jeu : Oh toi lecteur, sauras-tu restituer à chaque parti les propositions suivantes ?

 

 

1/ PS ou UMP ?

 

 

« Un potentiel de défense à la hauteur des menaces et de nos ambitions de politique étrangère. […] Notre existence en tant qu’Etat et en tant que Nation en dépend. Cette sécurité et cette protection s’étendent à nos amis et à nos alliés. Elles relèvent du domaine de la dissuasion nucléaire et justifient que notre pays continue à disposer d’une force de dissuasion nucléaire autonome. Mais nos intérêts de sécurité évoluent aussi en fonction de l'interdépendance croissante des pays européens et de la mondialisation. Aujourd'hui, les nouvelles menaces sont la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme, les Etats qui ont perdu toute structure étatique ou gouvernementale, la mise en danger de nos approvisionnements stratégiques, les catastrophes écologiques, humanitaires ou encore les pandémies. Ces menaces sont nombreuses, réelles, sérieuses. Cela doit nous conduire à améliorer nos capacités d’anticipation et d’analyse des crises et des menaces (renseignement et capacités spatiales d’observation et d’alerte avancée notamment), à augmenter nos moyens de projection de troupes à l’étranger ainsi que leur protection, à mettre en place une vraie protection du territoire et des populations civiles en cas d’attaques terroristes ou de catastrophes technologiques ou naturelles. La protection de nos intérêts de sécurité, notamment en matière de contre-prolifération, peut rendre également nécessaire une action dans des zones plus éloignées de nous, qui justifie de conforter le développement d’une capacité de frappe dans la profondeur en territoire hostile. […]  tout cela implique de maintenir l’effort de défense au moins à son niveau actuel. Ce n’est incompatible ni avec une meilleure maîtrise financière et temporelle des programmes d’équipements, ni avec une révision plus régulière de nos analyses stratégiques (« livre blanc »), la dernière remontant à 1994. Cela doit s’accompagner de réformes de structure visant à faire de notre armée, de nos interventions, de notre industrie de défense des facteurs d’excellence pour notre pays. La construction d’une politique européenne de sécurité et de défense est un de nos grands objectifs pour les années à venir. L'immense majorité des Européens y est favorable, parce que notre sécurité est désormais autant liée à l'Europe qu’à l'Alliance atlantique. Les opposer est une approche stérile et dépassée. Les Européens, comme les Américains, ont besoin des deux. Nous devons donc permettre à l’Europe de la défense de devenir un acteur autonome. Mais, pour cela, il faut sortir des non-dits : les moyens financiers et les capacités militaires ne peuvent continuer à reposer aussi largement sur la France et la Grande-Bretagne (actuellement, nos deux pays représentent plus de 40% à eux seuls des dépenses militaires au sein de l’Union européenne). Soit nous devons en tirer une compensation, soit chaque Etat de l’Union devra s’engager à favoriser la construction d'une base industrielle et technologique européenne forte en matière de défense, à participer à la protection de la sécurité du territoire européen et de ses abords, à respecter un seuil minimal de dépenses. Enfin, promouvoir nos valeurs humanistes sur la scène internationale et assumer notre responsabilité de membre permanent du conseil de sécurité, et pour cela continuer d’exercer notre capacité d’influence dans le règlement des conflits internationaux, notamment au Proche-Orient et en Afrique, sont des objectifs déterminants de notre politique étrangère. Nous devons être fermes sur l’objectif de non-prolifération nucléaire qui est une nécessité absolue pour la sécurité du monde. Notre identité démocratique tout comme notre histoire nous donnent la mission de promouvoir la liberté et le respect de l'individu dans le monde. Notre politique étrangère ne devra donc pas rechercher la stabilité pour la stabilité, car à celle-ci correspond trop souvent un statu quo cruel et injuste, fondé sur des situations malsaines. En revanche, la stabilisation en profondeur doit être notre objectif. Dans le cas d'Etats fragilisés par des conflits internes ou externes, elle ne peut être obtenue que par l'amélioration de la gouvernance et la démocratisation, le développement économique, et l'aide à la création de véritables Etats de droit et de sociétés civiles ouvertes. »

 

 

2/ PS ou UMP ?

 

 

« Aujourd’hui, le désordre mondial est marqué par de nouvelles menaces : le terrorisme, mais aussi les risques croissants de prolifération nucléaire. Celles-ci s’ajoutent aux risques plus traditionnels qui n’ont pas disparu, même si la construction Européenne et son élargissement nécessaire à l’Est contribuent puissamment aux conditions d’une paix durable sur notre continent. Dans ce contexte, nous devons promouvoir une politique de défense, clairement assumée au service de la démocratie et de la paix. - La politique de défense de la France passe par une inscription résolue dans une politique européenne de sécurité et de défense avec des coopérations fortes, en termes d’équipements, de développement technologique et d’industries d’armement, ce qui constitue une perspective d’avenir plus porteuse que l’OTAN. Elle doit aussi amener à une normalisation de nos relations militaires avec les pays Africains, tenant compte de deux exigences : le partenariat européen, la volonté des peuples africains. - Elle appelle un nouveau modèle d’armée, intégrant une reconfiguration de l’armée de terre, et une rationalisation des programmes d’investissements. Pour autant, il n’est pas question de « désarmer », en une période où nos concitoyens, à juste titre, perçoivent le monde comme plus dangereux et plus menaçant. La dissuasion nucléaire doit rester dans une logique d’interdiction de l’agression contre nous-mêmes et nos partenaires de l’Union Européenne. Elle repose sur des procédures indépendantes. Un nouveau livre Blanc sur la défense, précédé d’un débat approfondi et transparent, définira nos options stratégiques majeures face aux menaces et risques de l’avenir, dans une perspective européenne. - La professionnalisation de nos armées impose un lien fort entre la Défense et la Nation. Celui-ci pourrait se matérialiser par un volet «défense » du service civique obligatoire pour tous les jeunes âgés de moins de 25 ans. - Dans le même ordre d’idée, il faut concevoir une profonde rénovation du statut de militaires, susceptible de les reconnaître à la fois comme professionnels responsables et comme citoyens. »

 

 

Réponse : 1/UMP     2/ PS

 

 

Mon avis : Qui s’intéresse encore à la défense, je ne sais guère… Et pourtant, nous devrions !! Et une fois n’est pas coutume, je partage sur ce point davantage la vision du PS, consciente que les risques traditionnels n’ont pas disparu, que celle de l’UMP, plus centrée sur les nouvelles menaces. Pour le reste, vous pouvez le lire vous-mêmes, les moyens ne sont guère différents : volonté d’une force militaire européenne, nécessité de ne pas désarmer, souci de non-prolifération nucléaire, nécessité d’un nouveau livre blanc sur la Défense … Seule différence notable, la volonté d’intégrer un « volet Défense » au service civique obligatoire, idée du PS qui par ailleurs souhaite poursuivre la professionnalisation de l’armée : bon alors, c’est un service militaire déguisé, ce service civique, oui ou non ?

 

 

Publié dans Présidentielle 2007

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andrem 05/12/2006 10:05

La politique de défense. J'avoue avoir eu du mal à séparer les deux textes. J'ai évité de lire votre solution, et finalement je suis tombé juste, mais sans certitude. Ce qui m'a aidé? Des nuances, comme toujours, mais significatives. Le texte 1 insiste sur la proximité nécessaire de l'Europe de la défense avec l'OTAN, et leur complémentarité. Je ne partage pas ce point de vue, car, l'Europe de la Défense, qui est bien loin d'exister aujourd'hui, ne pourra se développer qu'au détriment de l'OTAN. L'OTAN n'a de sens que pour protéger une Europe divisée et mineure, et est indispensable aujourd'hui. Mon idée de l'avenir passe par une Europe plus intégrée (et probablement moins pléthorique), dont la politique étrangère n'aura que faire d'une organisation Atlantique tiraillée entre les intérêts forcément divergents d'une Amérique américaine et d'un vieux continent renaissant (si nous y parvenons). Le texte 1 tient enfin un propos auquel je souscris, et que malheureusement j'aurais préféré lire dans le texte 2 : L'objectif de stabilité ne doit pas être confondu avec "le statu quo fondé sur des situations malsaines". Le texte 2  pourtant me convient bien. J'ai toujours déploré la disparition du service militaire, non pour m'accrocher à une pratique devenue désuète, coûteuse et injuste, mais parce que sa fonction d'intégration et d'initiation, malgré toutes ses limites et ses dérives, manque cruellement à la société d'aujourd'hui. Peu m'importe le nom qu'on lui donne, à ce service revu et corrigé, le terme service civil me semble aussi maladroit que le terme militaire serait imprudent. Mais il est temps de réfléchir à cette question et de trouver des moyen de demander aux générations débarquantes, hommes et femmes, de consacrer un temps de leur vie à oeuvre pour le bien général (6 mois mini, 1 an maxi). En échange, à la société de faire en sorte que ce ne soit pas du temps perdu, ni pour elle (la société) ni pour lui (l'individu). On dépisterait (et soignerait) l'illettrisme, on brasserait des mondes qui ne se seraient jamais rencontrés, on provoquerait des vocations, on sortirait des cités, des ghettos, des cercles infernaux, bon, ne rêvons pas trop, on ne ferait que le tout début de cela ce serait déjà bien. Dernière différence: l'UMP consacre un budget au moins égal à l'actuel à la Défense, et le PS ne dit rien. Pas fou. Mais entre les lignes on devine la tentation de le réduire. Je ne me prononce pas pour le moment sur mon choix. Tout dépend des missions données à l'armée: oui à un gros budget si une part des moyens affectés à ce service, civaire ou militil, doit passer par elle, avec en prime les moyens d'action massifs et compétents face aux catastrophes naturelles ou non (de la tempête énorme au désastre nuclaire, de la pandémie aviaire à l'attaque bactériologique). Si, sous prétexte de sécurité, on donne à l'armée des missions de maintien de l'ordre intérieur, ou des missions d'intervention musclée extérieure sans véritable mandat international (ce n'est pas le cas aujourd'hui), je serai résolument hostile à une augmentation de son budget. C'est tout pour aujourd'hui. Reste à mettre en ligne sans anicroche. J'aurai voulu ajouter un paragraphe sur le voyage de Ségolène Royal, mais le devoir m'appelle.  









 





 



andrem 05/12/2006 09:28

Premier envoi: c'est juste un essai pour neutraliser la vague slasheuse, l'apostrophe folle, l'apnée et l'avaloir, l'avenir et l'image.Ensuite je passe à la réponse. J'ai remarqué que mes seconds envois passent souvent mieux que les premiers. Vous pourrez faire le ménage ensuite, et ce n'est pas un propos macho...