Présidentielle 2007 : la santé (1) : accès aux soins

Publié le par Alliolie

Jeu : Oh toi lecteur, sauras-tu restituer à chaque parti les propositions suivantes ?

 

 

1/ PS ou UMP ?

 

 

«  […]. Dans le cadre d’un parcours de santé renouvelé, nous ferons évoluer les modes de rémunération des soins primaires pour sortir progressivement du primat du paiement à l’acte. Un dispositif législatif visant à réformer la pratique des dépassements d’honoraires sera proposé. Nous développerons l’évaluation régulière des pratiques, la formation continue pour l’ensemble des professions de santé, en relation avec une réforme du cycle universitaire. Nous mettrons en œuvre une carte de santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par un médecin généraliste référent avec accès à une prévention et des soins adaptés. Nous redonnerons une priorité à l’hôpital ce qui implique de dégager davantage de moyens financiers. La tarification de l’hôpital public devra mieux prendre en compte les spécificités et les obligations de service public. Un plan de relance de la chirurgie publique sera conduit pour garantir dans chaque territoire de santé au moins un pôle de chirurgie. Nous ouvrirons 500 maisons de santé pour tous, appuyées sur les hôpitaux locaux, où chacun pourra trouver un accueil coordonné et une meilleure prise en charge. Ce plan s’inscrira dans une politique globale de meilleure répartition des professionnels de la santé –notamment les médecins- dans les territoires. Des dispositions financières et fiscales incitatives, en partenariat avec les collectivités territoriales et les caisses d’assurance maladie, seront offertes pour attirer les jeunes médecins dans les zones déficitaires. Nous rétablirons l’accès à l’aide médicale d’Etat. Nous associerons de manière plus cohérente l’Etat, les partenaires sociaux, les organismes complémentaires et professions de santé dans la gestion de l’assurance maladie décidée et contrôlée par le Parlement dans le cadre de la loi de finance de sécurité sociale. Nous saisirons le Parlement d’un projet de loi « Vincent Humbert » sur l’assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ; cette loi aura pour objet de permettre aux médecins dans des conditions strictes du respect de la volonté de leur patient et d’accompagnement, d’apporter une aide active aux personnes en phase terminale de maladie incurable ou placée dans un état de dépendance qu’elles estiment incompatible avec leur dignité. Pour garantir la permanence d’accès dans les zones rurales, nous aménagerons avec la médecine libérale l’offre de soins dans les territoires.[…] »

 

 

2/ PS ou UMP ?

 

 

« Etre au rendez-vous des espoirs thérapeutiques : Nous allons et nous voulons dépenser plus pour la santé. D’abord, parce que notre système de santé, après avoir longtemps été l’un des plus justes et des plus efficaces du monde, connaît aujourd’hui de vraies insuffisances : inégalités d’espérance de vie ; inégalités de l’offre de soins, en particulier entre le monde urbain et le monde rural ; surmortalité des jeunes et des classes d’âge intermédiaire. Ensuite, parce que l’allongement de la durée de la vie entraîne une augmentation des dépenses de santé. Enfin, parce que le siècle qui s’ouvre offre des perspectives majeures pour le traitement de certaines pathologies particulièrement graves, comme la maladie d’Alzheimer et les cancers, permettant d’épargner à des millions de familles le drame de la maladie. Nous voulons […] pouvoir diffuser rapidement ces traitements prometteurs, mais coûteux. […] Nous assurerons la qualité des soins pour tous sur tout le territoire (poursuite du plan Cancer, poursuite de l’amélioration de la prise en charge et de la continuité des soins pour les personnes atteintes de maladies psychiatriques…). Nous veillerons au renouvellement des médecins dans les spécialités et les territoires pour lesquelles les projections actuelles font apparaître un risque de pénurie. Nous favoriserons le regroupement des médecins généralistes, des médecins spécialistes et des professions paramédicales dans des cabinets de groupe ou dans des hôpitaux locaux afin de couvrir les besoins de la population vivant en milieu rural sans placer les médecins dans une situation d’isolement, et de lutter contre l’épuisement en ville comme à la campagne. Nous pensons qu’il est possible de concilier la sécurité des patients avec la continuité des soins sur tout le territoire et l’emploi, en donnant aux petits hôpitaux dont l’activité est insuffisante pour garantir la meilleure sécurité des soins, des missions complémentaires à l’hôpital (soins de suite ; dispensaires…).[…] Nous conforterons la mission des médecins généralistes comme pivot de la politique de santé, notamment en alignant leur rémunération sur celle des spécialistes. Nous donnerons des espaces de liberté tarifaire aux médecins libéraux qui prennent des engagements en matière de respect des bonnes pratiques, de formation continue et d’évaluation régulière de leur activité. […] : nous donnerons aux établissements hospitaliers l’autonomie et les instruments de souplesse nécessaires pour se réorganiser et améliorer leurs conditions d’accueil et leur fonctionnement. L’hôpital public représente 40% des dépenses de santé. Il faut lui donner les moyens de dépenser mieux et parvenir à une équité de traitement entre hospitalisation publique et privée. »

 

 

 

 

Réponse : 1/ PS   2/ UMP

 

 

Mon avis : Je rejoins la position du PS concernant l’évaluation et la formation continue des professionnels de santé.  MAIS (et c’est un grand mais) je suis fermement opposée au projet de loi qualifié de  « Vincent Humbert » alors qu’il vise tout simplement la légalisation de l’euthanasie. Il est vrai que si une meilleure gestion du budget des hôpitaux passe par cette manière de libérer des lits, on pourrait se dire « pourquoi pas » ? Le contribuable s’y retrouvera (sic)… Je ne développerai pas mes arguments contre cette légalisation dans ces lignes (cela serait bien trop long et n’est pas ici l’objet de mon propos); quoi qu’il en soit, rien que pour cette mesure, je ne voterais pas pour le PS.

 

 

Pour le reste de ses propositions, je suis également favorable aux dispositions fiscales incitatives (PS)  pour permettre une meilleure répartition des médecins sur le territoire ; cependant, pour le coup, je trouve l’UMP plus humain en ce qu’il préfère proposer un regroupement des médecins afin de leur épargner la solitude en milieu rural. De même, l’idée de confier des missions complémentaires aux petits hôpitaux me semble une bonne chose.

 

 

PS et UMP ont un même souci de cohérence du système de santé, on ne peut que le saluer.  Mais s’ils semblent s’accorder sur une augmentation des dépenses de santé, ils sont, semble-t-il, opposés concernant les médecins généralistes, surtout les médecins libéraux : « réforme de la pratique des dépassements d’honoraires » versus « espaces de liberté tarifaire », c’est à vous de décider. Une fois de plus, la distinction gauche/droite parait s’établir sur le fondement d’un « où on prend l’argent/où on met l’argent ». Dernier point : côté PS, l’un de vous pourrait-il m’expliquer ce que seront les « maisons de santé pour tous » (même idée qu’à l’UMP à propos des petits hôpitaux, ou rien à voir ?) et ce qu’était « l’aide médicale d’Etat » que la gauche souhaite rétablir ?

Publié dans Présidentielle 2007

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