Présidentielle 2007 : Economie : le pouvoir d'achat

Publié le par Alliolie

Jeu : Oh toi lecteur, sauras-tu restituer à chaque parti les propositions suivantes ?

 

 

1/ PS ou UMP ?

 

 

« Entre la fin des années 70 et le début des années 80, tous les pays européens ont connu un retournement de conjoncture qui a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages. La spécificité française, c’est que chez nous la situation dure depuis 25 ans. Au cours des années récentes, elle s’est aggravée sous l’effet d’une triple augmentation : celle des prix des biens de consommation à l’occasion du passage à l’euro, celle des prix de l’énergie et celle du coût du logement. La dérive des impôts locaux comprime également fortement le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation n’est pas une fatalité. […] Les causes de notre situation sont parfaitement connues. Elles sont structurelles avant d’être conjoncturelles : chômage de masse, dette publique, partage du travail, 35 heures, insuffisance de la recherche et de l’innovation, fuite de nos cerveaux et nos capitaux… C’est pourquoi seule une politique économique de long terme pourra permettre de faire de l’augmentation du pouvoir d’achat une tendance durable de notre économie. Elle comporte essentiellement trois volets : - revaloriser le travail ; - enrichir la substance de notre économie ; - agir sur les prix et les dépenses contraintes des ménages. […] Agir sur les prix et les dépenses contraintes des ménages Trois leviers seront utilisés pour améliorer la situation :  réduire le coût du logement, en poursuivant l’effort très important de l’actuel gouvernement en faveur de la construction de logements, en modulant les aides au logement en fonction des loyers réellement versés par les ménages et en engageant une grande politique d’accès à la propriété ;  réduire le prix des biens de consommation par la poursuite de la réduction des marges arrière et la déconcentration du secteur de la grande distribution ;  réduire le coût de l’énergie par l’incitation aux économies d’énergie et le recours à des sources d’énergie renouvelables et moins chères. Naturellement, la baisse des prélèvements obligatoires reste un objectif prioritaire pour redonner du pouvoir d’achat, en particulier à ceux qui travaillent. Elle n’est toutefois envisageable que si nos finances publiques retrouvent l’équilibre nécessaire à la préservation des intérêts des générations futures. »

 

 

2/ PS ou UMP ?

 

 

« Relancer la croissance par l’investissement et le pouvoir d’achat. La France souffre à la fois d’une politique salariale trop restrictive, d’un investissement insuffisant, conjugués à une forte dégradation de notre compétitivité et à un niveau d’endettement public préoccupant. Nous voulons réhabiliter la volonté politique pour rétablir la confiance, retrouver la croissance et réduire nos déficits. […] Le pouvoir d’achat stimulé - Nous augmenterons le pouvoir d’achat par la négociation sociale, notamment par la mise en place d’une Conférence nationale annuelle tripartite qui aura pour objectif de débattre des orientations et des propositions en termes de politique salariale pour rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital et rénover les grilles de classification. En cas de carence ou d’échec de la Conférence la loi pourra fixer une nouvelle méthode de négociation. - Nous porterons le SMIC au moins à 1500 Euros bruts le plus tôt possible dans la législature. - Nous ferons progresser le pouvoir d’achat dans la fonction publique. - La politique d’exonération des cotisations sociales sera révisée notamment pour favoriser la progression des bas salaires. - Pour accroître les revenus les plus modestes et rendre notre fiscalité plus redistributive et plus transparente, nous irons dans la direction d’un impôt citoyen sur le revenu en harmonisant les bases fiscales de l’impôt sur le revenu, qui seront élargies, avec celles de la CSG. La première étape de cette réforme consistera à simplifier l’assiette de l’impôt sur le revenu par la suppression des niches fiscales inefficaces et à rendre la CSG progressive, notamment par l’intégration de la prime pour l’emploi. Sur la base de ce rapprochement et après concertation avec les partenaires sociaux, nous fusionnerons ces deux impôts pour construire un impôt citoyen, transparent, progressif et prélevé à la source sur l’ensemble des revenus. Nous reviendrons sur les réductions d’impôt accordées depuis 2002 aux hauts revenus, et nous supprimerons le bouclier fiscal. - Lorsque le prix du pétrole atteint des seuils insupportables pour les ménages, l’Etat pourra mettre en place la Taxe intérieure des Produits Pétroliers « flottante » afin de ne pas réduire le pouvoir d’achat des citoyens.»

 

 

Mon avis : Je reconnais volontiers que la devinette était ici rendue difficile en ce que tant PS que l'UMP paraissent s’accorder sur le rôle du sacro-saint « pouvoir d’achat » et sur la nécessité de le « relancer » comme s’il s’était arrêté.  Parler de « stimuler le pouvoir d’achat », cela me fait penser à un électrocardiogramme plat, on sort la grosse machine, et hop, c’est reparti, hourra (applause).

L’indice pour les distinguer réside dans les causes de la baisse du pouvoir d’achat, et par voie de conséquence sur l’électrochoc à utiliser. Pour l’UMP, c’est « la faute  » du « chômage de masse, dette publique, partage du travail, 35 heures, insuffisance de la recherche et de l’innovation, fuite de nos cerveaux et nos capitaux… » ; pour le PS, «  la France souffre à la fois d’une politique salariale trop restrictive, d’un investissement insuffisant, conjugués à une forte dégradation de notre compétitivité et à un niveau d’endettement public préoccupant ». Je ne sais pas si vous aurez remarqué que le PS aborde le problème du point de vue de la croissance, tandis que l’UMP préfère l’angle du pouvoir d’achat directement : j’aurai juré qu’ils auraient fait le contraire.

 

 

Quant aux moyens... je vous laisse juger… je me contente ici de rappeler ce qui me parait soit aberrant, soit tellement prévisible  (rappel : je ne suis pas économiste… mais dommage, j’ai le droit de vote hahaha).

 

 

L’UMP dit clairement qu’il n’est pas question de baisse des prélèvements obligatoires ( qui n’est « envisageable que si nos finances publiques retrouvent l’équilibre nécessaire à la préservation des intérêts des générations futures », c’est joliment dit), et j’en suis tellement peu surprise que cela ne m’inspire pas grand-chose ; en revanche, mon principal reproche à ses propositions est la politique du  ya-qu’à-faut-qu’on : ya qu’à engager une grande politique d’accès à la propriété ; faut qu’on ait recours à des sources d’énergie renouvelables.

 

 

Quant au PS, je risque de m’énerver : pour faire court, le SMIC à 1500 euros serait encore plus catastrophique que ne le sont les 35 heures. Concernant la suppression du bouclier fiscal, ce n’est pas mieux (c’est juste pour nous éloigner encore davantage de l’harmonisation fiscale européenne ou c’est pour rire ?). Et qu’est-ce qu’une fiscalité plus « redistributive » ? (1/ la fiscalité distribue déjà : c’est son même son but ! ; 2/ nota : en droit, on dit « distributive » et cela suffit amplement).

 

 

Réponse : 1/ UMP    2/PS

Publié dans Présidentielle 2007

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