Chirac en examen... (suite) : réponse à andrem

Publié le par Alliolie

Merci pour ce long commentaire, à la fois constructif et ouvert.

J'en retiens deux éléments,  auxquels je tiens à répondre :

1/ vous me rappelez "il y a le jugement au nom du peuple français. C'est bien entendu celui-ci dont on parle. Dès cet instant, l'estime ou l'absence d'estime que je porte à la personne concernée disparaît. Elle ne doit plus avoir cours dans le monde judiciaire qui est devenu l'acteur principal, du moins elle ne doit pas intervenir. (...). Ceci exposé, j'en viens au cas particulier du citoyen Chirac accusé de détournements de fonds. Il aurait dit-on, fait embaucher par la ville de Paris un certain nombre de personnes qui n'auraient pas travaillé n réalité pour la ville mais pour son compte personnel."

Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait qu'un jugement, au sens de décision de justice rendue par une juridiction compétente à l'encontre (ou en faveur) d'un citoyen, doit en principe faire abstraction de l'estime ou absence d'estime envers ledit citoyen. Plus largement, il devrait faire abstraction, notamment, de ses fonctions ou anciennes fonctions, pour n'examiner que les faits et leur incrimination légale.

Mais c'est précisément le sens que la question que je me posais... tout jugement "rendu au nom du peuple français", et surtout en matière administrative ou pénale d'ailleurs, parce qu'il émane d'une justice d'hommes, ne peut faire totalement abstraction de considérations allant plus loin que la légalité, donc de considérations d'opportunité.

Ma question n'est même pas de savoir si le "citoyen Chirac doit ou non être condamné", ce qui relévera de la décision souveraine de la juridiction si renvoi devant une juridiction il y a. Ma question concernait l'amont de la procédure, à savoir l'opportunité ou non, en termes de relations internationales et d'image à l'international d'une France souvent incomprise à l'étranger, de l'inculpation de son ancien chef d'Etat.

2/ Vous dites également
"Mais je me refuse également à deux autres choses, tout aussi néfastes à mon sens:
La première est ce que vous faites, (...) tenter d'argumenter sur le thème "ce n'est pas si grave parce que ce pourrait être ^pire, il aurait pu faire pire en effet, et que devient l'honneur de la France et son image à l'étranger, après tout que sont une petite vingtaine de postes
"
Je m'attendais au commentaire type "qui vole un oeuf vole un boeuf" s'agissant de cette affaire. Et je ne suis ni juge d'instruction, ni procureure, ni avocate.
Je m'interroge seulement, faisant partie du peuple français, non sur la considération due (ou non) à un ancien chef d'Etat (qu'à titre personnel je n'affectionne pas particulièrement non plus), mais plutôt sur ll'éternelle question de l'opportunité des poursuites au sens large du terme.

 



Publié dans De nos jours

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