Cocotte minute
Oui ou non au TCE ? En ce qui me concerne, je me résoud à voter oui. Un oui sans enthousiasme, un oui d'évitement du non, un oui peut-être à regret, mais un oui, celui que mes gouvernants attendent de moi...
Je ne crois pas au cataclysme d'un post-non. Ce sera pas terrible, soit, mais de là à imaginer la fin du monde, du nôtre, de l'UE, faut peut-être pas dramatiser non plus.
J'aurai voulu faire un signe à la classe politique, comme beaucoup. Les effrayer, un peu comme eux le font. Utiliser les armes de l'adversaire. Cependant les gouvernants ne sont pas nos adversaires, on leur a filé leur mandat. Quoi que ce mandat aussi, on a du le leur donner "sans enthousiasme, par évitement d'un autre, peut-être à regret".
Je me suis dit un moment que je pouvais attendre 2007 pour "sanctionner". Non pas les sanctionner personnellement, ils n'ont pas des métiers faciles, et chacun a sa part de responsabilité dans le fait qu'ils ne puissent que difficilement mener leurs programmes à bien, ne serait-ce que par les protestations systématiques au moindre changement dans notre beau pays. Paradoxe ultime : nous vouons un culte au bougisme d'une part et un culte à l'immobilisme d'autre part.
Je voulais plutôt sanctionner la façon de faire de la politique. Et cette sanction-là, je ne pouvais me permettre de la penser pour 2007, car me retrouver avec Le Pen ou Fabius président pour avoir voulu "leur montrer", je trouve ça con. Il ne me restait donc que ce referendum, où conformément à la tradition, je n'aurais pas répondu à la question posée.
Pourtant, même si je sens le coup fourré dans ce texte, bien que ma lecture m'ait amenée à y voir plus de points positifs que de points négatifs, je voterai sûrement oui. Certains avancent que la "sanction" des gouvernants a été mise en oeuvre à travers les sondages de ces dernières semaines :en leur faisant croire pendant des semaines qu'ils l'avaient dans le ***, ils auraient compris. Moi je ne crois pas.
J'en reviens donc à mes positions précédemment avancées dans les articles de ce blog.
Quelque chose me chifonne cependant, au-delà du TCE et du referendum. Ma question est simple, et elle n'est pas de moi : que faisons-nous de notre violence ?
J'entend parler d'obsession sécuritaire, et la seule chose que je constate, c'est qu'à être tous sur la défensive en permanence, on a tendance à mettre l'offensive sous cloche. Plus personne ne se crache à la figure lors des débats ( dans tous les domaines : de la littérature à la politique en passant par la meilleure recette de pate à crêpe ), et j'y vois un signe alarmant que notre société hyper policée ( vive la civilisation ) ne sait plus se battre. Les chamailleries niveau maternelle entre opposants et partisans d'une mesure donnée se font par média interposé, et lorsqu'il y a confrontation, une page de pub et tout va mieux.
Chacun a de bonnes raisons et tout est défendable au nom du dieu égalité, rien ne doit être censuré au nom du dieu liberté d'expression. La france d'en bas se permet de faire des reproches au chef de l'Etat, qui s'incline. Puis tout le monde repart en paix. Et vive la France. Les problèmes ne sont pas réglés, rien n'a changé, mais tout le monde a parlé. Pour ne rien dire.
Alors qu'un bon coup de poing permet souvent de se faire comprendre clairement, sans ambiguité. Peut-on encore parler d'arène ? Les gladiateurs se serrent la main et font attention à ne pas se blesser. S'ils se blessent, c'est par mégarde, et ( surtout ) ce n'est pas pour blesser mais pour se mettre en valeur. Il n'y a pas d'ennemi, il n'y a pas d'ami, il n'y a que soi.
Le mal est partout, il faut se méfier : dans le TCE, chez les hommes politiques, chez mon boucher qui veut m'empoisonner, dans la voiture qui peut avoir un accident. Le plus grand drame, c'est qu'il est parmi nous, non au-dessus de nous. Quand on avait Dieu, on pouvait se permettre de croire qu'il n'était ici que pour nous faire gagner notre salut. Maintenant le mal n'est la que pour nous faire chier. Chacun dira "pour me faire chier".
Et lorsque le mal n'est pas là, c'est suspect il va revenir, méfions-nous ( développement durable, principe précaution, j'en passe ).
Pourquoi se défendre quand on peut le prendre à la racine ?
Tout cela pour en venir à la chose suivante : je rêve d'un monde d'assassinats politiques. Je rêve d'un monde où l'on censure. Je rêve d'un monde de violence.
Ainsi, les plus violents et les plus contestataires d'aujourd'hui ne sortiraont plus du lot. Ne pouvant plus se faire de publicité par ce biais, ils renonceront.
Pourquoi pas.
C'est juste mon avis