La normalité est un idéal
Chacun reste insatisfait de sa petite existence en ce qu'elle diffère de la normalité. Un nez "trop" long, des fesses "pas assez" rebondies, un salaire "trop" bas, un pouvoir d'achat "trop" faible, des enfants "pas assez" polis, un mari "trop" infidèle, un facteur "trop" con, etc.
Trop par rapport à quoi, pas assez par rapport à quoi ?
Quand la normalité devient un idéal. Si seulement on avait un nez normal, des fesses normales, un salaire normal, des enfants normaux, etc.
Parce que le beau, le grand, l'héroique, on en est revenus depuis longtemps. C'est un privilège des athées et des agnostiques que de préférer désirer la norme plutôt que le divin.
Personne n'est normal.
Et voilà que l'agnostique que je suis se prend à rêver de normalité et est lasse du courage, de la dignité, de la rigueur, du sens du devoir, de la solidarité...
Maintenant je peux. Les obstacles à ma normalité semblent s'être écartés. Pourtant je sais que l'on ne peut pas s'affranchir de son passé et de son histoire, et que s'il y aura normalité, il s'agira de la mienne.
Tout est question de degré.
Poursuivre son ordinaire bien peu normal ou viser un ordinaire un peu plus normal, that's the question...