De l'origine de la menace
Il y a quelques jours, un documentaire nous était proposé par le service public audiovisuel sur le second de Hitler. Documentaire passionant, effrayant, et en un sens salvateur en ce qu'il donnait l'impression que cette partie de l'Histoire était close, notamment avec le procès de Nuremberg.
Néanmoins, cela n'engage que moi, j'ai le sentiment que la menace de lobotomie générale pèse encore sur nos sociétés modernes. Que ces camps, ces horreurs, cet endocrinement, risquent encore d'arriver, et que ce n'est pas seulement un devoir de mémoire qui nous incombe, mais aussi et surtout un devoir de méfiance.
Or, la véritable menace ne provient pas de ceux dont on se méfie. Je pense à Jean-Marie Le Pen, ou à un moindre niveau, à Nicolas Sarkozy. Précisément parce que l'on s'en méfie, le risque pour les libertés est moindre. Leur moindre geste est épié, si bien que le moindre écart subit les foudres de l'opinion publique.
La véritable menace provient de ceux dont on ne se méfie pas. Que l'on n'interprète pas de travers mes propos, s'il-vous-plait, mais je crains davantage une Ségolène Royal ou un Besancenot qu'un Sarkozy, parce que la Ségolène présentée comme l'immaculée conception ou le Besancenot gentil facteur n'inspirent pas la méfiance.
D'autres exemples de doux endoctrinements dus à des phénomènes dont on ne se méfie pas (assez) sont déjà à l'oeuvre : la télévision, la publicité, certaines religions...
Le danger en politique survient lorsque l'on préfère aimer la personne que ses idées, ou pire, lorsque l'on ne se rend même pas compte qu'on le fait. Il n'y a pas lieu d'aimer un politique, ce n'est pas son rôle. L'amour rend aveugle ; à aimer on perd au moins partiellement son sens critique.
Méfions-nous donc du charisme, des sourires enjoleurs et de l'image... et écoutons les idées.